Fatigue parce que je sais que les réseaux sociaux vont se remplir de messages un peu automatiques sur “les femmes formidables”, de citations sorties de leur contexte, de marques qui repeignent leur logo en violet pendant quarante-huit heures, et de promotions “spéciales femmes” qui ressemblent parfois davantage à des caricatures qu’à des avancées.
Curiosité parce que, malgré tout, mars reste un moment où le mot “féminisme” circule davantage, où il s’invite dans les conversations et où il provoque encore des réactions très fortes.
C’est de ce décalage qu’est né cet épisode. Cette semaine, je parle d’un sujet qui nous concerne tous : le féminisme. Ça faisait longtemps que cet épisode était sur ma liste mais étant donné qu’il s’agit d’un très gros sujet, il m’a fallu du temps pour le penser.
J’ai eu envie de prendre le temps et de proposer quelque chose de plus solide, de plus historique, de plus nuancé aussi. Un épisode qui ne se contente pas de dire si le féminisme est “bien” ou “exagéré”, mais qui cherche à comprendre d’où il vient, comment il s’est construit en France, pourquoi il divise parfois, et pourquoi il continue à déranger.
Aussi, c’est un sujet qui peut agacer et je ne crée pas du contenu pour me faire tirer dessus même si la critique est inévitable. À l’occasion de la journée internationale des droits de la femme en 2026, c’est la bonne année pour t’en parler.
Je commence donc très loin en arrière. Je remonte à la Révolution française, à Olympe de Gouges et à sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne en 1791. Je rappelle que, dès le départ, les femmes ont revendiqué l’égalité politique et que cette revendication n’a pas été accueillie avec enthousiasme. Au contraire, elle a été ignorée, ridiculisée, puis réprimée. À partir de là, je montre que le féminisme français ne naît pas d’un caprice moderne, mais d’un déséquilibre structurel inscrit au cœur même de notre histoire républicaine.
Je poursuis avec le XIXe siècle, une période souvent méconnue, où des militantes comme Hubertine Auclert se battent pour le droit de vote. Tu découvriras quand les femmes ont enfin obtenu le droit de vote en France. La date risque de te surprendre.
Ensuite, je me déplace vers les années 1960 et 1970, une période charnière avec le Mouvement de Libération des Femmes, le Manifeste des 343 et la loi Veil. Tu vas apprendre comment les luttes pour l’avortement et la contraception ont transformé le rapport au corps, à la maternité, à la liberté individuelle.
Je souligne aussi que ces conquêtes ont été obtenues dans la tension, parfois dans l’insulte, souvent dans la peur.
Cet épisode est dense, volontairement. Il est pensé comme une entrée en matière du féminisme.
Avec cet épisode, tu auras les clés à une introduction de l’histoire du féminisme.
Tout comme les droits de la communauté LGBTQIA+, les droits de la femme ont été acquis très lentement et bien souvent, des années, voire des siècles après les hommes, et tant qu’on n’aura pas atteint une égalité et une parité, on devra célébrer la journée internationale des drois de la femme.
Pour les membres du Club, j’ai ajouté des ressources dans votre espace en complément de cet épisode.
📚 Chapitres :
- Pourquoi je refuse d’appeler le 8 mars “la fête de la femme” et ce que cette journée signifie vraiment
- Ce que le mot “féminisme” veut dire en français et pourquoi la définition du dictionnaire me pose problème
- D’où vient l’expression “sales connes” et pourquoi ce dérapage dit quelque chose de très profond sur notre société
- Ce qu’un “non-lieu” signifie en France, et pourquoi ça ne veut pas dire “innocent”
- Comment j’ai commencé à m’intéresser au féminisme et pourquoi je disais “je ne suis pas féministe” avant 2017
- Ce que le bénévolat auprès des femmes réfugiées m’a appris sur la solidarité, la violence et la réalité du patriarcat
- Comment j’ai compris que j’avais grandi dans un système patriarcal, et pourquoi ça change toute ma lecture du couple
- Pourquoi le féminisme en France commence bien avant MeToo, dès la Révolution française avec Olympe de Gouges (1791)
- Pourquoi le droit de vote des femmes en France a été obtenu si tard, en 1944, après des décennies de blocage politique
- Comment l’accès à l’école et au bac a été une bataille, et pourquoi les filles n’avaient pas les mêmes droits que les garçons
- Pourquoi le Manifeste des 343 et le procès de Bobigny ont préparé la loi Veil sur l’IVG (1975)
- Pourquoi le féminisme s’est divisé en plusieurs courants, et pourquoi ces désaccords ne sont pas forcément un problème
- Ce que MeToo et #BalanceTonPorc ont déclenché en France, et pourquoi la réaction française a été différente des États-Unis
- Quels chiffres sur les violences sexistes et sexuelles devraient nous empêcher de prendre le sujet à la légère
- Pourquoi le féminisme continue de déranger, et ce que j’aimerais qu’on retienne vraiment du mois de mars
🎧 Ressources :
- Pour rejoindre le Club de Yasmine : http://lefrancaisavecyasmine.com/club
🎙️ Autres épisodes en complément sur le même thème :
- Épisode 2 : Madame et Mademoiselle
- Épisode 86 : Le pronom “iel”
- Épisode 114 : Tu mecspliques ?
- Épisode 140 : La féminisation des noms de métier
- Épisode 142 : La langue française est-elle machiste ?
- Episode 193 : Je suis professeure de français bénévole pour les réfugiés à Bruxelles, avec Nathalie Dupont
